Article inspiré d’une présentation sur l’identité culinaire du Centre-du-Québec animée par Amélie Masson-Labonté, historienne culinaire, lors du 5 à 7 clôturant le Salon d’acheteurs Goûtez-y! du 27 janvier 2026.
Au Centre-du-Québec, chaque bouchée raconte un territoire façonné par le Saint‑Laurent, les champs, les forêts et les savoirs abénakis. Pour saisir l’âme culinaire de la région, il faut accepter de se laisser guider par les goûts, les textures et les parfums qui la définissent.
C’est exactement ce que nous a proposé la cheffe Chloé Ouellet et nous souhaitions vous faire vivre cette aventure gourmande, imaginée comme un survol du territoire. Un vol à basse altitude au‑dessus des marais, un détour dans les pâturages, une halte dans les érablières.
Voici donc le Centre‑du‑Québec en sept bouchées. Un voyage accessible à tous les gourmands, passionnés d’histoire ou amoureux du terroir qui nous ramène à l’essentiel : la rencontre entre une région et sa table.
1. Les rives du Saint-Laurent, les oiseaux migrateurs et la Nation abénakise
Magret de canard et vierge aux pommes et bleuets

Imaginez qu’on s’accroche au cou d’une oie blanche quittant le Lac Saint-Pierre pour son voyage d’automne. Sous elle s’étend le Ndakina, le territoire traditionnel abénakis : rivières, marais, boisés et un immense savoir-faire culinaire vieux de milliers d’années.
Cette première bouchée nous y ramène. Le magret grillé rappelle les viandes fumées autour du feu; l’acidité de la pomme et du bleuet équilibre le tout, comme dans les repas traditionnels de ces chasseurs, pêcheurs et cueilleurs aguerris.
Une bouchée qui goûte l’histoire et la liberté.
2. Le Lac Saint-Pierre
Rillettes d’esturgeon fumé et canneberges

Direction le fleuve, là où l’esturgeon jaune, ce poisson presque jurassique, revient frayer chaque printemps. Les Abénakis le fument depuis des siècles, et on en retrouve encore aujourd’hui dans de rares fumoirs familiaux, dans certaines poissonneries de la région et dans les Pow Wow chaque été.
Ajoutez-y la canneberge, fruit jadis mangé frais après les premières gelées, réduisant ainsi son acidité et augmentant le sucre, et vous obtenez une bouchée enracinée dans le terroir riverain.
3. Au cœur des champs agricoles
Orgetto frit, porc confit, champignons et mayonnaise fumée

On quitte le fleuve pour entrer dans la plaine agricole du Centre-du-Québec. Depuis l’époque des premières seigneuries, les céréales y occupent une place importante. Aujourd’hui encore, les champs d’orge, de blé, de maïs et de soya façonnent le paysage. Le Centre-du-Québec occupe le second rang pour la culture des céréales et des oléagineux au Québec, après la Montérégie.
Cette bouchée rend hommage à la tradition céréalière, l’élevage porcin omniprésent et les champignons, les stars de la fin de l’été.
Une bouchée qui goûte l’été et les récoltes.
4. Le pays du fromage et du pâturage
Fromage, gelée de raisin et miel

Si une région du Québec respire la production laitière, c’est bien le Centre-du-Québec. Ici, les vaches font partie du décor… et du quotidien! Le symbole de la vache au pâturage est tellement fort et frappant que Chloé Ouellet, notre cheffe qui arrive tout droit de sa Gaspésie natale, a baptisé son restaurant : Au Pâturage. Pensez-y!
Cette bouchée raconte l’herbe des pâturages, la flore butinée par les abeilles et l’attachement régional au fromage. Elle témoigne d’un savoir-faire bien vivant.
5. L’élevage
Saucisson, carotte et mousse de foie de pintade.

Place maintenant aux élevages : certains sont innovants, comme la pintade, d’autres très traditionnels, comme l’élevage du porc, troisième production agricole de la région qui a même son festival à Saint-Perpétue depuis 1978! Cette bouchée parle d’abondance et de traditions festives.
6. Cultures maraîchères : l’épicerie à ciel ouvert
Crémeux de betteraves et financier

Le Centre-du-Québec, c’est aussi une région de kiosques à la ferme accessibles en libre-service. On y choisit ses légumes sans intermédiaire : tomates juteuses, carottes croquantes… et ces magnifiques betteraves qui inspirent ce dessert coloré et terreux.
Une bouchée qui célèbre la simplicité : un légume fraîchement cueilli, transformé avec finesse.
7. L’érablière : l’ultime fête
Cannelé, mousse à l’érable et crumble

Le voyage s’achève dans la forêt d’érables, un lieu de fête et de transmission. Au printemps, on bout le sirop, on rit en famille et on attend la tire avec impatience. Avec ses 995 entreprises acéricoles, la région est l’un des géants du sirop au Québec, se classant au troisième rang provincial en termes de production. Un patrimoine vivant qui se goûte dans cette dernière bouchée sucrée et dorée.
Ces sept bouchées vous ont fait traverser des siècles, des territoires et des traditions… sur tous les 7 262 km² du Centre-du-Québec. En espérant que ce voyage à travers l’identité culinaire de la région vous ait plu!
Pour en apprendre plus sur l’identité culinaire du Centre-du-Québec : L’ADN culinaire du Centre-du-Québec : traditions, terroir et savoir-faire – Caribou













